13 août 2008
Tu sais que tu es en Australie quand :
-Tu trouves du steak de kangourou au
supermarché,
-Après avoir fait cent mètres
sur une plage magnifique qui te semble être la définition
même du paradis, un panneau t'indique la présence de
méduses mortelles, de requins mangeurs d'homme et de crocodile
de plus de six mètres,
-La prochaine station-service est à
700 kilomètres,
-Au café tu as le choix entre du
banana bread ou des banana pan-cakes,
-Tu te promènes sur la plage et
penses que chaque île au loin est possiblement celle de Lost,
-A chaque coin de rue, une clinique de
traitement contre le cancer de la peau côtoie un magasin de
maillot de bain,
-Il n'y a plus de route,
-Le simple reflet du soleil sur la lune
suffit pour que tu attrapes plus gros coup de soleil de toute ta vie,
-En plein centre-ville de Sydney, les
hommes d'affaire portent un costard-cravate avec des claquettes,
-Tu ouvres le journal et apprends
qu'une personne est morte alors qu'elle bronzait, tuée par une
noix de coco,
-Tu ne trouves pas de crème
solaire dont l'indice dépasse 30 malgré le fait que le
soleil soit ici un des plus dangereux au monde,
-Tout le monde te dit : « How
are you doing mate ? » sans attendre de réponse et
« See you later » en sachant pertinemment
qu'ils ne te reverront jamais, et tant mieux peut-être, parce
que de toutes manières, entre les deux, tu n'as rien compris
du tout,
-On te dit en rigolant que si tu te
fais mordre ou piquer par quelque chose, le mieux est encore de
t'amputer avec ton couteau suisse au cas où ce serait
venimeux, ce qui ne te fait pas rire du tout,
-Au pub, tu commandes une Tooheys et un
fish-and-chips de Barramundi,
-Il n'y pas de trottoir dans les
quartiers résidentiels parce que marcher est inconcevable pour
un Australien,
-Les critères d'écocertification
des boutiques ou des hébergements semblent dépendre du
carnet de chèque en papier recyclé des propriétaires,
-Tu rigoles en tirant la chasse d'eau
parce que ça tourne dans l'autre sens que chez toi,
-Tu cherches désespérément
ce merveilleux petit restaurant végétarien, indiqué
par le Lonely Planet, sans jamais le trouver,
-Les autochtones sont bronzés
tandis que les touristes sont rouges malgré la crème
solaire,
-Tu as l'impression d'être un
morceau de cheddar passé à la râpe à
chaque fois que tu prends une douche tant l'eau est calcaire,
-Tu jures de brûler le Lonely
Planet dès ton retour et promets devant toute la création
d'envoyer une lettre d'insulte à leur maison d'édition
avec un peu de farine au fond pour leur faire croire que c'est de
l'Entrax,
-Tu prends l'avion pour rentrer chez
toi et te dis que l'Australie, finalement ça va bien te
manquer...
09 juin 2008
Doudou au minidoux
Maman a lavé mon doudou,
désinfecté à l'eau
d'javel,
il empeste le minidoux,
adieu, agréable odeur de
poubelle.
Plus d'tâches de ketchup,
ni d'croûtes d' nutella,
disparu le bronzage jaune d'oeuf,
et les crottes de nez mozarella.
Parfum vanille des îles,
il est tout propre, il est tout beau,
un vrai doudou pour fille,
et j'trouve pas ça rigolo.
Maman a lavé mon doudou,
elle avait peur d'la salmonelle,
tant pis pour l'odeur un peu cracra
un peu comme papa sous ses aisselles.
Elle a r'cousu son bidou
qu' j'avais ouvert pour voir
s'il avait un cœur mon doudou :
Rien... Alors j'y mettais des
malabars !
Elle a bouché l'trou qu'j'ai
fait
avec la grosse loupe d'Arthur,
pour voir s'il révélerait
mes secrets
au cas où on l'torture.
Maman a lavé mon doudou,
il sent plus rien pareil,
il a subi un traitement anti-poux
et on lui a r'collé les
oreilles.
Elle lui a rajouté une jambe,
des bras,
et avec ses deux yeux elle dit qu'il
ressemble à un bébé
lézard-koala
né pas loin d' Tchernobil.
Ce qu'j'lui avais arraché, elle
l'a recousu,
et a retiré d'sa tête les clous et les
billes,
dommage, c'était une bonne
massue
pendant la récrée contre
les filles.
Maman a lavé mon doudou,
il a perdu sa robe multicolore,
maintenant il est blanc un point c'est
tout,
avec de temps en temps des relents
d'chlore.
Une vie d'doudou c'est une vie d'chien,
surtout quand une maman l'passe à
la machine,
le mien j'vais d'voir lui r'faire ses
vaccins,
au sirop d'fraise et d'grenadine.
Maman a lavé mon doudou,
mais pour qu'il r'trouve son odeur
habituelle,
demain, j'mangerai l'roquefort et le
chevroux
et m' propos'rai pour sortir les
poubelles !
27 mai 2008
Je ne fais l'amour qu'aux femmes bêtes, déjà parce qu'elles sont les plus nombreuses, mais surtout pour que, dans le cas improbable où elles tomberaient enceinte, l'hérédité de mon intelligence soit mon don pour l'humanité.
N'est-ce pas là la plus belle preuve de philanthropie ?
La java des bombes atomiques - Boris Vian
I miss you.
Trois mots, une détresse
immense.
Ce qui frappe tout d'abord, c'est la barrière du manque dans l'expression, le " miss " écartelant le " I " et le " you ". Trois mots, et une distance maximale entre les deux pronoms, que rien ne lie si ce n'est les interstices d'un vide tranchant.
Un " I miss you. " c'est
stérile, n'importe qui peut le dire. Le verbe, dans sa forme
la plus basique, n'est pas conjugué, il n'y a pas d'accord, ni
marque du féminin ou du masculin, comme si, sans ce il ou ce
elle manquant, il ne subsistait plus qu'un simple organisme au mode
"survie" enclenché, incapable de comprendre le monde
qui l'entoure. Il n'est qu'un " I ", une simple barre, un
unique trait, une entité sommaire réduite au strict
minimum par une absence abrasive, une érosion des sentiments,
et dressé vers le ciel comme pour l'implorer dans son
désespoir ou peut-etre tenter d'apercevoir le "you" au loin.
Et puis il y a le " you ", derrière lequel peut se cacher une seule personne comme des milliers sans que la forme de la phrase admette le moindre changement, révélant ainsi cette vérité effroyable : il n'y a qu'elle qui vous manque et, pourtant, vous vous sentez seul au monde. Relégué en bout de ligne, c'est sur ce " you " que s'arrête nos yeux. Avant tout était en mouvement, nous avancions dans la phrase, mais nous voilà arrivé à lui, et plus rien ne bouge, plus rien ne se dit, il absorbe tout, l'espace tout comme le temps, qui tous deux font défaut quand on s'égare entre ses trois lettres.
Entre les deux, " miss ", aussi imposant que possible, avec son m bien campé, capable de résister à toutes les assauts désespérés des deux pronoms pour se rejoindre, et ses quatre lettres qui en font le mot le plus opulent des trois, le plus laid aussi. Sans relief comparé à la percée du " I " et aux formes du " you ", il n'est qu'approximations de cercles et de droites. Avec ses contours vicieux, il est mou et indolent, carrément insensible. Dictateur radical, il va même jusqu'à se pavaner d'un i et de son point minuscule comme d'une tour de garde pour vérifier que l'ordre syntaxique règne, privilège de ses fonctions de verbe frontière entre le sujet et l'objet de son cœur.
Mais il y a aussi l'oralité. Tout commence avec le " I ", voyelle unique, qui déchire le silence par sa hauteur. Puis vient le " miss ", avec en premier le son "m" que l'on entame d'abord les lèvres closes, comme si le mot entier en lui-même était déjà trop âpre à dire, suivit du " iss", provoqué par un léger mouvement de la langue et d'une expiration, souvenir aérien d'un baiser peut-être. Et tout se termine avec le " you ", dans un dernier souffle, presque le dernier râle, qui s'éteint avec le point, tronquant tout verbiage superflu.
I miss you.
Nous sommes bien loin d'un misérable "Tu me manques".
19 mai 2008
- Une image vaut mille mots, dit le philosophe.
- Ca dépend sous quel format tu les enregistres, répond le Geek.
Alfa Rococo - Je pense à toi
A l'époque du Homo
Messengerplus,
je me rappelle de ces jeux d'antan,
hantant maintenant les marchés
aux puces.
et auxquels je jouais enfant.
NostalGeek
Bien avant l'époque des euros,
sur mon gameboy,
j'm'la jouais Super Mario
pour être ton play-boy.
Parfois Luke Skywalker,
avec son sabre laser,
à la conquête de ton coeur
dans le vide interstellaire.
Pokémon rouge, jaune,
argent, cristal et même platine,
j'avais capturé toute la faune
pour que tu sois ma copine.
Chevalier des temps modernes,
champignons, sabre laser, et pokéball,
yeux rouges et profondes cernes
dans les premiers jeux d' rôle.
Sur mon écran noir et blanc,
avec 160 sur 144 pixels,
quand j' te voyais en gros plan,
déjà j'te trouvais belle.
Puis arriva la couleur,
de tes formes en trichromie,
les Boum Boum de mon coeur
disait en morse « T'es la
femme de ma vie ».
Sexe à pile al-câline,
de cassettes en casse-têtes,
à la Tétris, j'te
dédicace ces lignes,
en me disant « Un jour
peut-etre... ».
NostalGeek
J'étais qu'un gosse
accro à Mario Bross,
amours électro-nique,
Rimarien NostalGeek.
Mais maintenant le bizz te wizz
dans tes fenêtres de
conversation,
le laser de Skywalker se modernise
pour les progrès de l'épilation.
Gameboy en peace maker,
avec les piles à plat,
il ne bat plus mon coeur,
que pour les princesses d'autrefois.
NostalGeek
16 avril 2008
La douleur a ça de pratique qu'elle excuse le silence.
